L ’historique du Casino…
Au bon temps des années folles,
l’établissement de jeu a connu diverses péripéties
et provoqué la démission du Maire en 1921.
Face à la grande bleue qu’il domine de son imposante stature, le casino de Saint-Raphaël est aujourd’hui un établissement de grand standing. Mais sa naissance, au début de ce siècle, fut mouvementée. |
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Le premier Casino
À la fin du 19ème siècle, les gens fortunés venaient d’eux-mêmes à la découverte de la Côte d’Azur, et l’idée reine du maire de la ville de Saint-Raphaël, Félix Martin, était de les retenir et les inciter à s’installer et à construire.
Dans l’esprit de Félix Martin, il fallait créer les aménagements nécessaires à leur confort mais, surtout, leur fournir des distractions. Un Casino était indispensable. Sa construction débuta en 1881, sur l’emplacement d’une villa gallo romaine à la pointe de la rade. Son édification résultait aussi en partie de la transformation d’un entrepôt à grains d’un étage.
Son fronton était couronné par neuf sculptures représentant les neufs muses. Le premier étage était réservé au cercle de chasses et régates ainsi qu’à la société littéraire et artistique. De luxueux salons étaient destinés aux fêtes, à la conversation, la lecture, aux représentations théâtrales et aux concerts.
Il fut inauguré le 1er Avril 1882.
C’est en 1912 que le « Casino aux neuf muses » fut détruit, ce qui provoqua bien des péripéties. Car les causes de cette disparition restent obscures. Elles furent même qualifiées de « stupides » par ceux qui établirent une nouvelle étude de marché en vue d’édifier un nouvel établissement.
Tranquillité des familles
Marcel Carlini, antiquaire et historien, précise que la municipalité dirigée par Félix Martin – regroupant uniquement des « indigènes » (par opposition avec la municipalité Basso) – n’avait d’autre objectif que de détruire ce qui avait été édifié et créé, prétextant que la ville devait rester une station de cure et non une cité balnéaire attirant les étrangers, ce qui était contraire à la tranquillité des familles.
En 1913, dans le journal « Le Raphaëlois », on commence à parler sur le ton de la dérision d’un projet de jetée promenade identique à celle de Nice, et le directeur de la publication comparait alors cette initiative à une galéjade.
Il avait tort, car l’idée faisant son chemin, elle semait aussi la perturbation parmi les édiles.
En 1914 éclatait la Grande Guerre quand Georges Berger était élu maire de la ville. Le projet de Casino resta dans les cartons.
Les bains Lambert
Le conflit terminé, quatre ans plus tard, le maire afficha la ferme intention de sortir la ville de sa léthargie, affirmant qu’il voulait rendre à Saint-Raphaël sa véritable place de station hivernale et estivale, justifiée par sa situation privilégiée sur la côte. La ville avait besoin d’un Casino et d’un Etablissement des Bains modernes.
Et ce fut l’Etablissement des Bains Lambert, édifié sur la plage en 1878, qui fut à l’origine des soubresauts de la Mairie. Nous sommes en 1920 et les bains Lambert, démodés, n’ont plus rien d’esthétique.
Le syndicat d’initiative, soucieux du développement du tourisme local, souhaite leur disparition et son président établit un projet consistant à créer une société immobilière dans le but de construire un nouvel établissement pour doter la ville d’un Casino.
Les projets
L’originalité de ce projet consistait à émettre des actions en grand nombre, afin que la majorité des Raphaëlois deviennent actionnaires de la nouvelle société.
En mairie, le premier adjoint proposa de faire construire des bains municipaux et de contacter un emprunt (déjà, à l’époque…).
C’est alors que le maire Georges Berger reçut une proposition d’un sieur Jean désirant prendre la totalité des travaux de l’Etablissement des Bains à sa charge.
Le premier magistrat tenait à l’édification d’un casino à Santa-Lucia. Un certain Mr Ducret proposa aussi de prendre à sa charge la concession d’un Casino ; cette nouvelle étant suivie du dépôt d’un projet de cahier des charges dont la discussion eut lieu en mairie le 12 mai 1923.
Le projet détruisait l’harmonie du paysage, puisque l’emplacement du Casino Etablissement de Bains au milieu de la plage entraînait des conséquences esthétiques fâcheuses et irrémédiables portant atteintes à la beauté panoramique de la rade.
Cela allait aussi à l’encontre des engagements de la municipalité, qui avait adopté le principe d’un établissement municipal.
Enfin, au niveau du cahier des charges, la ville semblait tellement avantagée que cela semblait trop beau pour ne pas attirer la méfiance.
Vers l’inauguration du 12 Mars 1926
Malgré tout, le cahier des charges était adopté le 12 mai 1923 et, le lendemain, Georges Berger présentait sa démission au préfet du Var.
La réalisation d’un établissement groupant les Bains et le Casino sur une jetée promenade ne devait jamais aboutir.
Enfin, en 1924, sur les plans de l’architecte Dardé, fut construit un grand Casino. Les travaux allèrent bon train d’autant qu’un établissement concurrent avait ouvert à Santa-Lucia et que, chez les voisins fréjusiens, un Casino avait également vu les jours à Fréjus-plage.
Le Grand Casino de Saint-Raphaël était enfin inauguré le 12 mars 1926.
Quelle histoire !